L'évolution des paysages à Ergué-Gabéric

Bâtiments et champs, chemins et routes… ce que nous voyons à Ergué a changé. Que s’est-il passé ? Quand ont eu lieu les transformations ? Pour quelles raisons ? Cet automne, à travers une exposition à la médiathèque, Arkae se penche sur l’évolution des paysages.

Explosion démographique
On sait peu des changements qu’Ergué a traversés depuis sa fondation. Sa population, essentiellement rurale, a dû rester stable jusqu’au XIXe siècle, où l’essor de l’usine Bolloré a attiré une main d’œuvre abondante. C’est dans le dernier tiers du XXe siècle que tout s’accélère. La croissance démographique est alors exponentielle : de 2584 Gabéricois en 1962, on passe à 6925 en 1999. Comme bien d’autres villages qui bordent des villes moyennes, Ergué connaît une intense urbanisation.

Au bourg et à Lestonan, la rurbanisation
Vers 1960-70, tandis que les voitures se démocratisent, l’État soutient l’accès à la propriété individuelle. Ces deux facteurs amènent les urbains à construire autour de centres ruraux. Au bourg, des lotissements linéaires poussent en 1965 le long du chemin vers le Reunic. Le mouvement est lancé. Fin des années 1970, le bourg se pourvoit d’une école maternelle, d’une mairie agrandie, de routes élargies et de parterres de fleurs. De 1980 à 2000, se succèdent les constructions d’îlots : le lotissement Kergaradec, la ZAC Park Boutinou, la rue du Douric… Parallèlement, des places se créent sur des sols artificialisés, comme la place Jean-Moulin. Ce parking, qui était le verger de Pennarun, s’appelait Liorz poull gwazi, le « courtil de la mare aux oies ».
À Lestonan, l’évolution est un peu différente. Entre la fin du XIXe siècle et 1920, la population passe de 26 habitants, à Kerhuel Vian, à plus d’une centaine, à Keranna. Il y a dès lors matière à former un centre, autour de l’école publique : s’installent boulangerie, bistrots-épiceries, écoles privées… Après 1945, on construit à la sortie du quartier. La population ne se compose plus seulement d’ouvriers de Bolloré, dont l’activité papetière décline. Vers 1980, l’école publique s’agrandit, comme le quartier.

Au Rouillen, la périurbanisation
Ici, l’agglomération quimpéroise s’est étendue jusqu’à transformer l’espace rural. Tout commence vers 1950-60, le long d’une montée où il n’y a que trois maisons. Peu à peu, de nouvelles habitations apparaissent. En 1978, la Ville implante une surface commerciale. Deux ans après, on recense 2600 habitants au Rouillen : un 3e pôle s’est créé, il s’équipera lui aussi de services, d’écoles, de ZAC. En 1985, la création d’un échangeur sur la voie express renforce son attractivité. Les changements ont un goût amer pour les fermiers Le Menn, qui résidaient là : « En 2007, on a vendu nos dernières parcelles [des pâturages] pour la construction de la voie express. Elle est essentielle, mais on a l’impression d’être encerclés par la circulation. »

À Croas Spern, la naissance d’un centre
Avant 1950, il n’y a là qu’une maison et un calvaire. Croas Spern, centre géographique d’Ergué, est pourtant le lieu de ralliement idéal. C’est ainsi que, dans les années 1970-80, des jeunes, dispersés aux quatre coins de commune, y construisent une baraque pour se réunir : le foyer des jeunes. Viendront plus tard le centre des loisirs, la MPT et enfin l’Athéna.

 

Photos de haut en bas : 
- Le Rouillen, photo aérienne prise entre 1950 et 65. Source IGN, Géoportail, consulté en 2024.
- Le Rouillen en 2021. Source IGN, Géoportail, consulté en 2024.

Rouillen entre 1950 et 65 Source IGN Géoportail consulté en 2024

Rouillen en 2021 Source IGN Géoportail consulté en 2024