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Guillaume Kergourlay : un Elliantais et ses mémoires présentés à Ergué-Gabéric

Guillaume Kergourlay naît en 1926 à la ferme de Kernéel, où il goûte avec curiosité, au gré de la fréquentation des anciens et autres personnages étonnants de son cher Bro-Eliant, toute la richesse de la civilisation rurale et de sa culture orale.

Contrôleur de pommes de terre pendant la guerre, il milite à la Jeunesse Agricole Catholique dès 1945 et en devient même président départemental au retour du régiment. « Ce mouvement utilise beaucoup le théâtre pour brocarder les traditions sclérosantes et mettre en valeur les ferments de progrès ». (B. Rouz, Préface).Il forge sa plume dans ce théâtre de patronage. Il est bientôt tiraillé entre sa passion pour la terre, pour ceux qu’il a toujours connus et aimés et sa passion pour les planches. Il mettra quatre ans avant de se décider et de devenir « saltimbanque », autre manière d’être curieux, d’aimer les hommes, de remuer un terreau fait cette fois de choses humaines.

On retrouvera alors son nom au fronton des théâtres et des festivals : Céret, Grenoble, Beaune, Rennes. On le joue en français ou en breton au festival de Cornouaille à Quimper, à Brest, Callac, Trégunc… Son théâtre où se trouve magnifiée la société de ses racines, sans jamais sombrer dans une « mélénitude » cloisonnante, rejoint des thèmes universels : Moi Superman, 1968, dénonce la dictature des colonels grecs, La chasse présidentielle, 1974 ( censuré par Raymond Marcellin, Ministre de l’Intérieur de l’époque), s’en prend aux turpitudes de la vie politique française… 

Aujourd’hui, Guillaume Kergourlaypublie ses mémoires parce qu’il a conscience que ayant partagé jusqu’à ses vingt cinq ans l’univers des paysans de Bro-Eliant, étant écrivain, resté fidèle à une terre qu’il a apparemment quittée, il est un des seuls capables de leur rendre un vibrant hommage.

Ces Mémoires retracent la première période de sa vie, avant le départ à Paris pour se consacrer au théâtre. Elles font revivre au fil des pages les clans familiaux, les récits qu’on lui a transmis, l’opposition entre rouges et blancs, les chevaux, fierté d’Elliant, les guerres, la JAC, la destruction des talus et autres bouleversements et visages de ce monde rural et traditionnel…

Parmi les personnages qui ont marqué sa mémoire, nous croisons même p. 253 Gustave Guéguen, recteur d’Ergué-Gabéric terminant ainsi un sermon au pardon de Kerdévot en pleine deuxième guerre mondiale : « Surtout n’hésitez pas à donner, la Vierge vous en saura gré. Si quelqu’un parmi vous, par exemple ne veut pas que son voisin sache qu’il donne un billet de cent francs, qu’il le plie discrètement dedans un billet de cinq francs et personne n’en saura rien. » Guillaume Kergourlay ajoute « Je ne trouve pas que Gustave Guéguenexagère, je trouve qu’il a de l’humour ». Des mémoires écrites avec tellement de bonheur que la prose de l’auteur le chante parfois, sans s’en apercevoir, en alexandrins...

 

Keleier Arkae n°14, novembre 2001

 


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Sommaire
 

1. Le Stangala

- 1884 : Le Stangala d'Adolphe Paban

- 1880 : Les roses de Neaera d'Adolphe Paban

- 1868 : Au Stangala ( Anonyme), in L'éclaireur du Finistère du 16 décembre 1868)

2. Kerdevot
3. Poèmes de Gabéricois

- Poèmes des CM2 de l'école St Joseph de Lestonan (2001)

4. Proses de Gabéricois
5. E brezhoneg
 
 

Au Stangala (Poème de 1868)

Au Stangala

Poème anonyme publié dans l'Éclaireur du Finistère du 16 décembre 1868

 

Montagnes que j’aimais, colline regrettée
Où le chevreuil bondit à travers la rosée,
Ne vous reverrai-je donc plus?
Je suis bien loin de vous, mais dans un rêve encore
J'ai cru
plus d'une fois voir se lever l'aurore
Sur les grands rochers aux flancs nus.

Au fond, dans le ravin, lavant son lit de pierre,
L'Odet au flot grondant, à la course fière.
Vient baigner les pieds des coteaux,
Tandis que sur ses bords de riants pâturages
Offrent aux yeux ravis leurs beautés moins sauvages
Et leur verdure et leurs troupeaux ;

Que de fois, descendant les pentes escarpées,
Je glissais à travers les fougères fanées,
Et, quand un de mes compagnons
Trébuchant lourdement tombait sur les bruyères,
Notre rire ébranlant les échos solitaires
Courait à travers les vallons.

 
 
     


Dictionnaire : Stangala


Les soeurs de Neaera (Adolphe Paban)

Les Roses de Kerné

Recueil de poèmes d'Adolphe Paban, rédacteur en chef du Finistère (1872-1882).
Ergué-Gabéric a su inspirer au promeneur plusieurs poèmes d'une verve pastorale :

 

LES SOEURS DE NEAERA

C'était au Stang-Ala, tout brodé de fougères,
Où l'eau panni les rocs se glisse alertement,
Un champ d'avoine blonde au bord d'un bois dormant,
Et, dans ce champ doré, trois filles, trois bergères.


Elles fauchaient, riant aux brises passagères ;
Leurs seins s'arrondissaient à chaque mouvement,
Et leur faucille allait, en un bruissement
Amoncelant le grain et les pailles légères.


Au profond de ce val, sous le ciel bleu d'été,
J'avais surpris l'Eglogue et l'antique Beauté,
Les soeurs de Neaera qu'un regard effarouche.


Tout un monde enchanté venait de se rouvrir ...
C'est pourquoi j'ai tenté de cueillir sur leur bouche
Les vers virgiliens que j'y voyais fleurir.

 

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Le stangala (Adolphe Paban)

Adolphe Paban : Le Stangala

Le site du Stangala a souvent été remarqué par les écrivains et les poètes.

Jean-François Douguet, dans le cahier d’Arkae n°1 où il fait découvrir le Stangala sous toutes ses facettes, a consacré un chapitre à cet attrait1.
Le poème le plus connu est celui d’Adolphe Paban2, écrit en 1894.
 
 
Paysage frais et charmant
Les chemins creux, les bois et la lande bretonne,
Et les grands silences d'Automne
Qui vous parlent si doucement !

Là-bas, sous des lueurs moins proches,
Au pied d'un pan abrupt, d'herbe et d'ajoncs couvert,
Comme l'eau coule d'un beau vert
Frétillante, à travers les roches !

Avec son feuillage mourant,
L'arbre évoque le deuil du fond de la pensée ;
Descendons la pente boisée
Jusqu'à la rive du courant.
  Du moulin que la menthe embaume
J'entends le tic-tac sourd, à côté du vieux pont,
Un frêle oiseau qui lui répond
S'est posé sur le toit de chaume

Ah ! qu'il fait bon vivre là
Quelque intime roman que seul le rêve étoile,
Un dernier amour qui se voile
Dans les gorges du Stang-Ala.
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1. Le Stangala de Jean-François Douguet – Cahier d’Arkae n°1.
2. Adolphe Paban, né en 1839, fut rédacteur en chef du journal Le Finistère à partir de 1882. Il écrivit plusieurs recueils de poèmes, et celui sur le Stang-Ala parut dans Au
bord de la mer bretonne : alouettes et goélands - Rennes, H. Caillère - 1894.
 

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